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        Première partie.

        Il m’en aura fallu du temps pour écrire cet article. Mais je crois que c’est plutôt bon signe de le débuter, après bientôt mes 6 premiers mois à Montréal. Bon signe car ça veut dire que, ça y est je suis installée.

        J’avais envie depuis le début d’écrire un article

        Mais j’étais tellement perdue que je ne pouvais pas me poser pour écrire. Trouver les mots justes. Il faut du temps pour prendre ses repères dans une nouvelle ville et une nouvelle vie… On a mis du temps en plus à s’installer.

        Petit recit d’une installation mouvementée.

        Nous sommes arrivés le 26 mars 2019 à Montreal, avec 5 valises bien remplies et les yeux plein d’espoir et de curiosité pour cette nouvelle vie qui nous attendait. C’etait la premiere fois de notre vie qu’on allait dans cette ville dont on ne connaissait absolument rien !

        On a d’abord fait 2 semaines dans un appartement central de Montréal (un condo au métro Saint Laurent). On en a profité pour visiter autant que possible les quartiers pour trouver ou on voulait habiter… Mission difficile en si peu de temps.

        On a donc pris une sous-location vers le metro Laurier pour avoir plus de temps et chercher notre futur chez nous. Petite histoire improbable : on a « visité » l’appartement avec la locataire, ça paraissait un peu mal rangé mais ça semblait correct. Puis on s’est dit qu’elle allait le nettoyer avant de nous le laisser quelques jours plus tard. Rien du tout, quand on a « emmenagé » avec nos 5 valises.

        (ça me fait penser que ce jour là il y avait de la pluie verglaçante. C’est une pluie qui laisse une couche d’1cm de glace sur les arbres, le sol, les escaliers etc. Donc on a bien rigolé pour porter les valises chez elle !!)

        Elle n’avait rien rangé ni lavé ! C’etait vraiment sale, limite insalubre dans la salle de bain… Il y avait des petits bonus, comme un préservatif usagé dans la salle de bain, un « placard du bonheur » rempli de joyeusetés dont je ne parlerai pas ici !!! Bref autant dire qu’on ne s’est pas fait prier pour quitter cet appartement, on a eu la chance d’en trouver un autre le lendemain qui nous faisait un très bon prix pour un mois et demi.

        Notre premier appartement se trouvait juste dans cet immeuble.
        Au centre tu as beaucoup de travaux mais autour également. C’est « normal ».
        Montréal et ces plots orange

        Nous avons donc quitté ce logement « glamour » après n’avoir dormi qu’une seule nuit dedans, et direction l’autre sous-loc métro Papineau.

        On a eu de la chance mais il fallait également se « battre » pour avoir cette nouvelle sous-location. On était 3 couples à le vouloir et il fallait se vendre au près du locataire, chacun notre tour, dans son salon. C’était assez fou. Donc on a dit qu’on pouvait le louer le soir même et qu’on avait un coup de coeur.

        Bel appartement, très propre et bien entretenu, l’opposé de l’autre. Mais (il y a toujours un mais, n’est-ce pas), le locataire venait quand il voulait chez «nous»… Même une fois sans toquer. Il avait les clés donc il faisait comme bon lui semblait et on avait pas notre mot à dire… #yolo comme je dis. Autant dire que pendant nos deux premiers mois à Montreal on ne s’est jamais sentis chez nous.
        Bref, au moins on a eu le temps de chercher notre appartement, et après…… 21 visites (!!) nous avons été choisis pour un appartement dans le Mile-End. On a déposé nos 5 valises le 1er juin 2019. Enfin à la maison…

        Beaucoup d’aventures donc pour nous installer, mais maintenant je suis plus qu’heureuse ici…

        Tant qu’on n’a pas vécu l’expatriation on ne se rend pas compte. Et moi la première. On a un couple d’amis qui vit à Vancouver, et lorsqu’ils sont partis on leur a à peine écrit. Juste des questions bateau sur leur installation etc. Mais avec du recul je me dis que l’on n’a pas été assez présents pour eux. Que refaire une nouvelle vie à l’étranger ce n’est pas facile. Même si c’est souhaité, ça demande un temps d’adaptation, des questionnements sur soi, et ce n’est pas facile.

        Quartier : Le Village.

        J’ai quitté Paris

        au moment où ça y est j’avais des clients qui me correspondaient à 100%, je faisais vraiment ce qui me plaisait, des photos et vidéos culinaire. Je gagnais bien ma vie.

        Je gagnais bien ma vie car je bossais comme une dingue. Pas parce que j’avais des prix elevés. Non je bossais beaucoup. Je pensais boulot. Je rêvais boulot. Et je voulais être parfaite pour le client. Et être parfaite en tant que personne, et non pas juste en tant que photographe vidéaste. Quand j’avais un retour négatif, ou qui me semblait négatif, grosse remise en question qui me faisait cogiter nuit et jour. Bref, je n’avais plus de recul et ne savais pas prendre le temps pour moi. Pour nous.

        3 mois pour avoir mon premier job

        Ici j’ai mis 3 mois pour faire mon premier job (ma premiere job comme ils disent ici !), et ça m’a semblé long. Je me souviens encore qu’un couple de photographes français, qui vivait à Montréal depuis 3 mois, m’avait dit qu’ils cherchaient encore du travail. Et en tant que non expatriée, à ce moment là, je leur ai dit que ça allait trois mois. Ce n’est rien ! Et bien après avoir vécu cette période, j’ai envie de leur dire que je les comprends et que c’est dur. Il y a des jours je me suis retrouvée allongée sur le canapé (un peu comme Tristesse dans le film Vice Versa !). A me demander qu’est ce que je vais faire de ma vie.

        6 premiers mois à Montréal
        Tout est normal ici, un tracteur au milieu des buildings.

        Respire.

        Et bien aujourd’hui je peux dire que : je respire. Je vis. J’apprends à revivre. A être moi. À ne pas vivre que pour le boulot. À penser à mon +1. Quand on est à son compte, on peut vite devenir connecté à 100% à son travail et en oublier sa moitié. J’avoue, je n’étais pas assez présente pour lui. Entre mes projets freelance, mes events de blogueuse, mes posts instagram … Tout ça me prenait du temps et de l’énergie. Et malgré ça j’étais heureuse, car j’adorais (et adore toujours) mon boulot. Et j’avais des clients en or et des projets réguliers (Merci pour ça.). Mais j’étais épuisée et ça je ne m’en rendais pas compte. C’était donc le bon moment de quitter Paris, après 9 ans à vivre dans cette ville lumière. Et aujourd’hui, je suis « moi ». Evidemment ça demande du temps. Il faut être patient.

        Se reconstruire ça demande du temps et un peu de volonté.

        En fait ça peut sembler un peu bateau ce que j’écris. Mais tout ça a du sens. J’ai vécu 9 ans à Paris. Et je suis passée par des phases très difficiles. Entre moultes crises de tétanies et spamophilie, pendant des années. De grosses remises en question. Et le « ras-le-bol » qui t’emmène en urgence à l’hôpital, fin 2014. S’en suivent les étapes de reconstruction..

        Alors oui aujourd’hui je regarde ce petit moi fragile. Ce petit moi qui me semble loin et pas moi. Celui que je veux oublier. Et pourtant qui m’aide à être comme je suis aujourd’hui. L’article n’est pas là pour parler de ma vie parisienne mais c’est pour dire que l’on a tous des étapes difficiles dans la vie, qui nous font grandir. Mais qu’il faut être patient. Se dire que se reconstruire ça demande du temps et un peu de volonté. Mais quand on y arrive, ou du moins qu’on évolue, on peut être fier de soi.

        Aujourd’hui je suis heureuse, apaisée. Je me sens bien. Montréal est une belle virgule dans ma vie, un nouveau souffle.

        La vie québecoise est douce. Et c’est pour ça que je voulais vous parler de ces premiers mois, sans écrire un roman car c’est un peu barbant les monologues n’est ce pas 😉 On va mettre des points et des tirets comme ça je vais moins vous perdre.

        centre ville downton montréal
        centre ville montréal
        Centre ville.
        rue sainte catherine montréal
        Rue Sainte Catherine et ses travaux.

        Maintenant, je vais essayer de répondre à toutes vos questions, que vous m’aviez posé sur Instagram.

        Peut on progresser en anglais en vivant à Montréal ?

        Je ne suis pas la meilleure pour répondre à cette question car je suis freelance et beaucoup chez moi. Donc je parle beaucoup à mes aliments, à mon plat que je photographie 🙂 … Donc autant dire que je parle en français, seule en plus, donc je ne progresse pas en anglais. Mais les gens parlent bien plus anglais que je ne l’aurai imaginé. Dans les entreprises, généralement tu parles anglais. Et dans la majorité des cinémas c’est anglais soutitré anglais. Sinon c’est français/quebecois mais tu n’as pas anglais soutitré français.

        Et cette question touche le point sensible, car c’est ça qui me prend le plus la tête ici. Je suis une bille en anglais. J’ai fais un blocage quand j’étais petite et je n’ai aucune confiance pour progresser. Et quand je vois que mon copain parle constamment anglais à son boulot, et qu’il parlait déjà très bien, et bien oui je suis jalouse. Oui je pourrai prendre des cours d’anglais mais ce n’est pas pareil. Donc j’essaye de trouver une solution pour pouvoir progresser mon anglais, il faudrait que je me force à sortir dans des soirées rencontre (oui promis par meetic) et parler anglais. Mais je manque tellement de confiance que pour sauter ce pas …

        Donc oui tu peux très bien progresser en anglais en vivant à Montréal, juste ne sois pas freelance culinaire. 🙂

        Est ce que quelque chose te manque vraiment à Montréal et que tu n’as pas trouvé ici ?

        Mes amis. Ma famille. C’est ce qui me vient à l’esprit en premier. On ne peut pas les remplacer. Alors que tout ce qui est matériel si. Et pour la nourriture, par exemple, on s’adapte. On change notre façon de manger et cuisiner. Après il y a des petites choses toute bête qui me manquent, comme la mousse au chocolat industrielle (oui oui !!) car il n’y en a pas ici. Du bon cidre. Du bon fromage type st nectaire au lait cru. Une bonne tablette de chocolat noir pas cher. Ma bonne machine à café laissée en France. Mais ce ne sont que des petits plus, pas vitaux.

        La cuisine/pâtisserie est-elle très différente ?

        Un flan vert fluo ? Bien sucré ? D’accord. Pas de souci à Montreal.
        Tu proposes le même flan mais sans colorant, avec un vert pas très beau, mais moins artificiel, plus naturel. Le vert de la pistache en soi. Et bien non, ils vont le renvoyer. Je discute avec les pâtissiers d’ici et ils disent bien essayer de développer le palais des gens. Leur apprendre à aimer une pâtisserie plus saine, moins sucrée et plus naturelle. Aussi bien par son goût que visuel. Ici on aime les gâteaux avec plein de crème, beaucoupppp de crème. Mais ça évolue petit à petit, grâce à quelques patissiers comme chez Patrice, Saison ou Rhubarbe. Pour ne pas citer tout le monde.

        Pour la cuisine, on aime le gras. On aime qu’un plat soit luisant et on aura moins d’assiettes raffinées. Alors je suis la première à aimer les gros burger, les poutines ou pizza. Mais je me suis retrouvée plusieurs fois avec des crampes d’estomac en rentrant. Car c’était bon mais gras et en grosse quantité. Quand on vous propose petit ou grand format (ailleurs que dans un petit coffee shop) choississez petit 😉

        A côté de ça tu as de très beaux restaurants qui te proposent des plats de qualité. Avec des produits bio et de saison. Un dressage parfait et authentique. Et je trouve que la recherche du bio et zéro déchet est plus poussée à Quebec par rapport à la France. Donc il n’y a pas de juste milieu.

        Tout ça ne fait qu’évoluer.

        Des travaux, des travaux …


        Tu as remplacé un remplaçant à Shogun (sushi makis à Paris) ?

        J’ai gardé cette question car j’adore les sushis makis ! Notre petit rituel avec Matthieu : En prendre une fois par semaine.

        A Paris on allait donc au Shogun (RIP) et ici on a mis du temps à trouver. Car ils aiment beaucoup mettre du tempura (friture) un peu partout dans vos makis et sushis. Et tu n’as pas les menus clairs et précis (A3, A4, F3, etc). C’est le menu avec le choix du chef. Donc le chef te met ce qu’il veut, selon son humeur.

        On a donc pris l’habitude de ne plus prendre de menu mais à la carte et avec beaucoup d’hosomakis (un seul produit) pour éviter la friture.

        mural montréal
        vélo rose montréal
        Mon p’tit vélo rose, qui attendra l’année prochaine pour être réparé.

        Le bio est il accessible et dans les moeurs ?

        Oui et le vrac également. Bien plus qu’en France. Dans un magasin en vrac tu aura des produits bio mais aussi des produits en vrac, comme des fruits secs, pâtes, épices, peanut butter, farines, herbes et produits pour votre vaisselle, linge, dentifrice etc. Je trouve ça incroyable ! Ils développent vraiment ce côté là, où tu viens avec ton bocal et tu viens le remplir du liquide vaisselle bio ou de cannelle en poudre ou de grains de café.

        Le petit bémol c’est qu’ils aiment le bio, aiment le zéro déchet, et pourtant je n’ai jamais vu autant de produits emballés. Par exemple 3 courgettes seront emballées dans une barquette plastique et suremballées de papier film. Comme les oeufs, la boite a deux couvercles. Pourquoi ? On ne sait pas.

        Si vous habitez près d’un marché, c’est vraiment bien. Marché Atwater ou Jean-Talon. Il y a un large choix de produits bio, locaux etc. Egalement à la sortie du métro St Laurier tu as régulièrement des fermiers qui viennent vendre leurs produits. Une belle alternative.

        6 premiers mois à Montréal – article 1


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